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Posté par le 6 mars 2017 dans Santé | 0 commentaires

Alcool mondain à l’alcool malsain ! (suite)

Alcool mondain à l’alcool malsain ! (suite)

Lorsque l’alcool devient dépendance

Boire modérément de temps en temps et par plaisir, pour fêter une occasion particulière ou pour découvrir un grand cru, n’a pas de conséquences dramatiques pour notre organisme. Mais il faut être vigilant. Car parfois certaines personnes ne se rendent pas compte qu’elles sont passées d’un statut d’amateur occasionnel à celui de buveur chronique.

Effectivement, une consommation régulière supérieure à deux verres par jour pour les femmes et trois verres par jour pour les hommes est considérée comme un comportement à risque. Il est en effet, possible de basculer, sans s’en apercevoir, vers un comportement de dépendance. Plus notre corps est mis en relation avec l’alcool, plus il va en redemander. Et cela peut malheureusement devenir un cercle vicieux. L’individu peut perdre le contrôle de sa consommation réelle. Et même être totalement dans le déni. Il peut aller jusqu’à se cacher pour boire afin de permettre à son corps de ne pas être en situation de manque. Nous parlons alors d’alcoolo-dépendance ou d’alcoolisme. Il s’agit à ce stade d’une maladie. Encore souvent tabou, elle peut, à terme, détruire la vie sociale, professionnelle et familiale et détériorer la santé d’une personne !

Il faut également être conscient que la sensibilité à l’alcool diffère d’un individu à un autre. Notamment en fonction de son âge, de son sexe, de son poids, de son état de santé. Celle-ci est aussi liée à des facteurs comportementaux. Comme certaines impulsivité, une recherche de sensations fortes ou des facteurs sociaux ou familiaux. Des études indiquent, par exemple, qu’une exposition à l’alcool pendant l’adolescence augmenterait le risque de dépendance à l’âge adulte.

Les conséquences d’une consommation excessive

L’abus d’alcool, même occasionnelle, peut avoir des conséquences dramatiques sur la vie de quelqu’un. A court terme d’abord, une ingestion d’une quantité trop importante entraine d’abord une euphorie. Puis une excitation liée à l’ivresse,s’ensuivent une désorientation, des troubles de la coordination et de la vision, puis des vomissements et dans les cas les plus graves, un coma éthylique qui peut malheureusement être mortel. En effet, dans ce dernier cas, le cerveau s’endort doucement  provoquant ainsi l’arrêt du cœur. En cas d’ébriété, une personne peut aussi se montrer agressive verbalement et/ou physiquement. Mais aussi provoquer un accident de voiture si elle prend le volant.

Un alcoolisme chronique détériore petit à petit la santé.Il provoque des tremblements, des crampes, une coloration du visage, une perte de poids. Ou encore des maux de tête, des pertes de mémoire, des troubles digestifs, de la fatigue et des troubles du sommeil. Des maladies hépatiques peuvent se développer comme une hépatite alcoolique ou une cirrhose. L’alcool constitue aussi un facteur de risques de certains cancers. Par exemple celui touchant la bouche, le pharynx, l’œsophage, le foie ou le colon. Il favorise aussi l’apparition de maladie cardiovasculaire et le développement de troubles du comportement.

Il est donc important de rester vigilant ! Trouver une aide autour de soi pour retrouver au plus vite une consommation modérée.

Et nos jeunes dans tout cela …

Nous l’avons abordé dans l’introduction, le rapport des jeunes à l’alcool a évolué ces dernière années. Ils boivent différemment et surtout de plus en plus précocement. Il semble que le premier lieu d’expérimentation reste celui de la famille qui permet à un adolescent de prendre sa première coupe de champagne à une occasion festive ! L’alcool est très présent dans notre société et même valorisé dans les médias et les films. Pour certains adolescents, il est perçu comme un moyen d’identification dans un groupe, un gage d’indépendance, ou un moyen de gérer sa timidité ou de soulager ses angoisses ou blessures !

Le danger vient aussi de l’évolution de l’offre et des pratiques. Les jeunes sont généralement adeptes des prémix. C’est à dire un mélange d’alcool fort et de sodas ou de jus de fruit (whisky coca, vodka orange etc…), d’alcopops à savoir un mélange de boissons alcoolisées (bière-téquila, le TGV-Téquila/Gin/Vodka, etc…) ou de bière très sucrées et fruitées. Ces boissons très à la mode ont non seulement un packaging souvent très attrayant mais leur goût sucré semble faire totalement oublier aux jeunes qu’ils dépassent la dose d’alcool recommandée. Il n’ont donc souvent aucune conscience des risques qu’ils encourent. Quant aux pratiques, une des tendances actuelles est de boire vite jusqu’à l’ivresse, ce qui pour un cerveau encore immature peut modifier son développement normal et rendre la zone impliquée dans le phénomène d’addiction plus réactive.

Comment revenir à une consommation contrôlée

Lorsqu’un comportement à risque est constaté ou un alcoolisme chronique avéré, il est important de tout faire pour revenir à une consommation modérée. Dans le but d’éviter les conséquences à long terme sur l’organisme. Lorsque l’on a pris conscience d’une consommation excessive, il est souvent difficile d’arriver seul à se sortir de ce cercle vicieux. Il faut donc trouver du soutien dans l’entourage et ne pas hésiter à en parler à un professionnel de santé, comme un pharmacien ou un médecin traitant, qui saura trouver avec vous la prise  en charge la plus adéquate. Il peut, par exemple, mettre en place une série d’entretiens individuels pour sensibiliser sur les dangers de l’alcool , informer sur les seuils recommandés et fixer avec la personne des objectifs à atteindre. Cette démarche permet de diminuer le risque de développer une alcoolo-dépendance.

Envisager un sevrage alcoolique

En cas de dépendance à l’alcool, un travail global avec une équipe pluridisciplinaire et notamment un spécialiste en addictologie, est à envisager. Le traitement repose sur un suivi psychologique. Une modification de l’environnement (social, familial, etc…) du patient et de la prise de médicaments peuvent aider à maintenir l’abstinence et à lutter contre les rechutes. Le sevrage alcoolique est effectivement long et difficile. Il peut être nécessaire de trouver de l’aide auprès de structure spécialisées en alcoologie comme les CSAPA ambulatoires (Centre de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie). Mais également les unités hospitalières d’addictologie, voire des structures de soins résidentiels.

Il arrive parfois qu’un membre de notre famille, un ami, ou un collègue soit touché par cette maladie mais qu’il reste totalement dans le déni. L’alcoolisme peut effectivement isoler et détruire les relations. Même si vous n’arrivez pas à aider cette personne à ouvrir les yeux, ne restez pas seul(e).  Exprimez vos doutes, vos craintes, votre sentiment d’impuissance. Sachez que vous pouvez trouver des informations sur le site internet de certains organismes ou associations. Et même avoir au téléphone une personne qui saura vous aider à y voir plus clair. L’alcoolisme reste pour beaucoup un tabou, continuons à informer, expliquer et éduquer.

Le phénomène du « Binge drinking » ou « biture express »

La tendance chez les jeunes est au « binge drinking » ce qui signifie d’arriver à l’ivresse le plus vite possible. Le but est de consommer quatre ou cinq verres en moins de deux heures ! Ce phénomène touche aussi bien les jeunes garçons que les jeunes filles. Outre les risques directs que sont les comportements agressifs, les accidents de la route et le coma éthylique, cette pratique répétée à des conséquences néfastes sur la santé. Elle abîme le cerveau en construction. Elle entraine des lésions au niveau de l’hippocampe, organe qui joue un rôle important dans la mémorisation et la gestion des informations spatiales. Elle a aussi un impact sur la gestion des émotions.Elle augmente, encore, le risque de dépendance à l’âge adulte.

 

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